Approche

Une écoute analytique, au plus près de la singularité de chacun, pour entendre autrement la souffrance

Docteur en psychopathologie et psychanalyse (Université Paris Cité et Universidade Federal do Rio de Janeiro), Chercheur associé à l'Unité transversale de recherche en psychogénèse et psychopathologie (UTRPP – UR 4403, Sorbonne Paris Nord), Psychologue clinicien et Psychanalyste, Membre d'Espace analytique, je reçois en cabinet ou à distance, dans le cadre d'une écoute ouverte, attentive et non jugeante, des adolescents, des jeunes adultes et des adultes. Les demandes peuvent concerner l'anxiété, la dépression, les difficultés relationnelles, les troubles du comportement ou de l'humeur, les questions d'identité et de vie affective, les conduites répétitives ou les situations d'impasse, qu'elles aient ou non déjà fait l'objet d'un diagnostic psychiatrique ou psychopathologique. D'orientation psychanalytique, mon travail vise à permettre à chacun d'élaborer un savoir singulier sur son symptôme, à partir de ce qui, dans son histoire et sa parole, insiste, se répète ou fait souffrance, sans réduire son expérience à une catégorie ou à une norme préétablie.

La découverte freudienne de l'inconscient demeure, à cet égard, le point de départ essentiel de la psychanalyse. Avec Freud, le symptôme cesse d'être considéré comme un simple dysfonctionnement qu'il faudrait corriger : il devient une formation de compromis, porteuse d'un savoir et d'un sens qui échappent au sujet lui-même. Le rêve, le lapsus, l'acte manqué, comme le symptôme, témoignent de l'existence d'une dimension de la vie psychique qui ne se laisse pas réduire à la conscience ni à la volonté. Ce que le sujet ne sait pas qu'il sait peut ainsi se manifester dans ce qui lui arrive. La découverte de Freud conserve toute sa portée clinique précisément parce qu'elle permet de considérer autrement la souffrance : non comme un phénomène qu'il suffirait d'éradiquer, mais comme quelque chose qui peut être entendu et dont le sens peut se transformer. La cure fait le pari que ce savoir inconscient peut se mettre au travail dans la parole et que, par l'association libre, ce qui se présente d'abord comme énigmatique, répétitif ou douloureux peut se dire autrement, se déplacer et s'élaborer.

C'est à partir de cette découverte que Lacan renouvelle la question du symptôme. En affirmant que « l'inconscient est structuré comme un langage », il reprend le geste freudien en montrant que le symptôme n'est pas seulement un trouble, mais qu'il est pris dans une histoire, dans des signifiants et dans une parole qui peuvent être déchiffrés. L'interprétation peut alors permettre de faire apparaître ce qui se trouve chiffré dans le symptôme et de modifier le rapport du sujet à ce qui se répète. Mais l'enseignement de Lacan conduit progressivement à reconnaître que tout, dans le symptôme, ne se réduit pas à un sens qu'il suffirait de découvrir. Le symptôme engage également une modalité singulière de jouissance, une manière propre à chacun de se rapporter à son corps, aux autres et à son existence. Avec le sinthome, dans le dernier enseignement de Lacan, la question se déplace ainsi : il ne s'agit plus seulement de déchiffrer le symptôme, mais de prendre en compte ce qui, en lui, ne se laisse pas entièrement résoudre par l'interprétation et qui peut néanmoins constituer pour un sujet une manière de tenir, de faire lien et de vivre.

C'est pourquoi la psychanalyse ne se confond pas avec la recherche d'une disparition du symptôme à tout prix. Elle vise plutôt une transformation du rapport que le sujet entretient avec ce qui le fait souffrir, à partir de l'élaboration d'un savoir qui lui soit propre. Ce savoir n'est pas celui d'un expert qui viendrait expliquer au sujet ce qui lui arrive ; il se construit dans la parole, à partir de ce qui se dit, se répète, se dérobe ou se manifeste à l'insu de celui qui parle. Il peut alors ouvrir vers des solutions singulières, jamais standardisées, susceptibles d'atténuer la souffrance et de rendre possible une autre manière de faire avec ce qui, dans l'existence de chacun, ne se laisse pas entièrement maîtriser.

Il n'y a donc pas, dans ce travail, de modèle préalable auquel il faudrait conformer un sujet. Une difficulté relationnelle, une angoisse, une répétition, une inhibition, un sentiment d'impasse ou encore un symptôme dont on ne comprend pas la raison peuvent constituer le point de départ d'un travail analytique, qu'ils soient ou non déjà identifiés dans les catégories diagnostiques de la psychiatrie ou de la psychopathologie. Ces catégories peuvent être utiles pour nommer, reconnaître et prendre en charge certaines formes de souffrance ; elles ne disent cependant jamais à elles seules ce qui fait la singularité d'un sujet. Ce qui importe est de laisser se déployer la singularité de ce qui est en jeu pour chacun, afin que puisse se construire un savoir qui ne soit ni celui d'une norme, ni celui d'un diagnostic posé de l'extérieur, mais celui que le sujet peut élaborer sur sa propre manière de faire avec ce qui le détermine. C'est en ce sens que la psychanalyse peut conduire, pour reprendre une orientation essentielle du dernier Lacan, à un certain savoir-faire avec le symptôme : non pas à sa maîtrise définitive, mais à la possibilité de trouver des solutions qui soient véritablement les siennes.

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