Expérience professionnelle

Une expérience clinique entre institution et pratique libérale

Depuis 2011, je développe une pratique de psychologue clinicien, d'abord au Brésil puis en France, dans des institutions de soin, d'éducation et de protection, ainsi qu'en cabinet libéral. Ces expériences m'ont conduit à rencontrer des enfants, des adolescents, des jeunes adultes et leurs familles dans des contextes cliniques très différents, de l'Éducation nationale au secteur médico-social, de la protection de l'enfance à la psychiatrie. Elles ont progressivement construit une pratique attentive à la diversité des formes de souffrance psychique et aux différentes manières dont celle-ci peut se présenter, être nommée et prise en charge.

Dans le champ de l'Éducation nationale, j'ai accompagné des enfants confrontés à des difficultés psychologiques, scolaires ou développementales, en lien avec les équipes pédagogiques et les dispositifs d'aide spécialisée. Cette expérience m'a notamment conduit à interroger la manière dont une difficulté est repérée, évaluée et interprétée lorsqu'elle apparaît dans le cadre scolaire. Dans le secteur médico-éducatif, auprès d'enfants et d'adolescents autistes ou présentant des manifestations psychotiques, j'ai ensuite travaillé dans des dispositifs où les dimensions psychiques, éducatives, familiales et sociales de la situation sont étroitement liées. La clinique y suppose de tenir ensemble plusieurs perspectives sans réduire le sujet à l'une d'entre elles.

Cette attention à la singularité des situations s'est poursuivie dans le champ de la protection de l'enfance, au sein du Service Social de l'Enfance des Hauts-de-Seine de la Fondation Olga Spitzer, dans le cadre de mesures d'AEMO et d'AED. J'y ai rencontré des situations dans lesquelles la souffrance d'un enfant ou d'un adolescent ne peut être séparée de son environnement familial et social, ni des responsabilités propres aux institutions chargées de sa protection. Cette expérience a renforcé une question qui demeure centrale dans ma pratique : comment prendre en compte les exigences d'un dispositif de soin, d'éducation ou de protection tout en préservant la place et la parole du sujet ?

Mon expérience à la clinique psychiatrique Dupré de la Fondation Santé des Étudiants de France, au sein du dispositif ambulatoire Escale Ados, m'a ensuite conduit à travailler auprès d'adolescents, de jeunes adultes et de leurs familles, à l'interface entre consultation, évaluation, orientation et soin. Elle m'a permis d'approfondir ma connaissance de la psychiatrie contemporaine et de ses catégories diagnostiques et psychopathologiques. Ces catégories peuvent être nécessaires pour reconnaître une souffrance, orienter un patient ou organiser une prise en charge ; elles ne suffisent cependant pas à épuiser ce qu'un sujet peut dire de son expérience. Cette distinction entre les savoirs nécessaires à la clinique et la singularité de celui qui consulte demeure aujourd'hui importante dans ma manière de travailler.

Parallèlement à ces expériences institutionnelles, j'ai développé une pratique en cabinet libéral, d'abord au Brésil puis en France. Elle constitue aujourd'hui mon activité à temps plein, dans mes cabinets à Paris et à Houilles. J'y reçois des demandes diverses, qu'elles concernent une souffrance psychique, un symptôme, une difficulté relationnelle, une situation d'impasse ou un trouble ayant déjà fait l'objet d'un diagnostic. La consultation offre alors un espace différent de celui des institutions : celui où il devient possible de prendre le temps d'entendre ce qui, dans l'expérience d'une personne, ne trouve pas toujours sa place dans les catégories disponibles.

Cette pratique s'inscrit dans une formation psychanalytique qui s'est développée dans des espaces institutionnels et collectifs de travail. Ancien membre de l'Espace brésilien d'études psychanalytiques, j'y ai participé au conseil directeur et assumé des responsabilités d'enseignement. Je suis aujourd'hui analyste praticien et membre d'Espace Analytique, où la formation se poursuit dans un travail collectif de recherche, de transmission et d'élaboration clinique. Cette inscription dans une communauté de travail participe d'une exigence de formation continue et d'une réflexion sur la responsabilité qui accompagne la pratique de la psychanalyse.

L'ensemble de ces expériences, dans des contextes aussi différents que l'école, le médico-social, la protection de l'enfance, la psychiatrie et le cabinet libéral, nourrit ainsi une même conception de la clinique. Celle-ci cherche à articuler les connaissances de la psychologie et de la psychopathologie avec une attention aux conditions institutionnelles et sociales dans lesquelles elles sont mobilisées, sans perdre de vue ce qui, dans la parole et l'expérience d'un sujet, excède toute classification. La diversité de mon parcours ne constitue donc pas seulement une succession d'expériences professionnelles : elle m'a conduit à considérer la clinique comme un lieu où les savoirs disponibles doivent pouvoir rencontrer la singularité de chaque personne.

Enseignement et transmission

Mon expérience universitaire s'est développée dans le champ de la psychologie clinique et de la psychopathologie, en licence comme en master, dans plusieurs universités françaises. L'enseignement a constitué un autre espace de travail sur la clinique : non seulement comme transmission de connaissances, mais comme apprentissage d'une manière de penser les situations humaines dans leur complexité.

J'ai notamment enseigné la psychologie clinique, la psychopathologie et la clinique psychanalytique, ainsi que la méthodologie de l'entretien et de l'observation, l'étude de cas et les méthodes projectives. Ces enseignements abordaient la clinique de l'enfant et de l'adulte, les différentes structures psychopathologiques, les formes contemporaines du symptôme et les enjeux du diagnostic. Ils articulaient l'étude des concepts à l'analyse de situations cliniques concrètes, afin de montrer que la clinique ne consiste jamais seulement à appliquer un savoir à un cas, mais à construire une compréhension à partir de la singularité de chaque situation.

Une part importante de cet enseignement portait également sur l'histoire et l'épistémologie de la psychologie et de la psychopathologie. Interroger la manière dont se sont constituées les catégories de normalité, de maladie et de souffrance permet en effet de mieux comprendre leur portée, leurs usages et leurs limites. Cette perspective prolonge directement ma pratique clinique : les catégories diagnostiques peuvent être précieuses pour reconnaître une souffrance et orienter une prise en charge, mais elles ne disent jamais à elles seules ce qui fait la singularité d'un sujet.

L'expérience universitaire m'a ainsi conduit à maintenir ensemble trois dimensions qui restent au cœur de ma pratique : la rigueur des savoirs cliniques et psychopathologiques, l'attention aux conditions dans lesquelles ces savoirs sont mobilisés, et la nécessité de ne jamais perdre de vue le sujet auquel ils s'adressent. L'enseignement et la recherche ont constitué, à cet égard, un prolongement de la clinique autant qu'un lieu d'élaboration de ses enjeux théoriques et éthiques.

Universités dans lesquelles j'ai enseigné :

Université Paris Cité

Département d'Études psychanalytiques, UFR Institut Humanités, Sciences et Sociétés

Université Toulouse 2 Jean Jaurès

Département de Psychologie clinique du sujet, UFR Psychologie

Université Rennes 2

Département de Psychologie, UFR Sciences humaines

Consultations à Paris 9e et Houilles, en cabinet ou à distance

Paris 9e

25 rue Rodier, 75009 Paris

Houilles

Centre Vivre, 21 rue Camille Pelletan, 78800 Houilles

07 69 52 35 83 lplmartins@gmail.com
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Les honoraires sont fixés lors de la première séance. En raison des conditions d'exercice, un nombre limité de consultations est proposé dans le cadre du dispositif « Mon parcours Psy » — me contacter préalablement pour toute demande à ce sujet.

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