Recherche

Une recherche en psychopathologie et psychanalyse, à l'articulation de la clinique et des sciences humaines

Chercheur associé à l'UTRPP (UR 4403) de l'Université Sorbonne Paris Nord, mes recherches se situent à l'intersection de la psychopathologie clinique, de la psychanalyse et des sciences humaines et sociales. Elles portent sur les rapports entre catégories cliniques, formes de subjectivation et conditions historiques de l'expérience, en interrogeant la manière dont les transformations des normes, des formes de vie et du lien social affectent les manières de comprendre et de prendre en charge la souffrance psychique.

Cette recherche, d'orientation théorico-clinique, vise à interroger les catégories et les présupposés à partir desquels la clinique pense la souffrance. Il ne s'agit pas de remplacer les modèles psychopathologiques existants, mais d'en examiner les conditions, la portée et les limites, afin de mieux comprendre ce qu'ils permettent de reconnaître et ce qui peut leur échapper.

Une question traverse ainsi mes différents travaux : comment penser la souffrance psychique sans la réduire aux catégories qui permettent de la nommer ? Les catégories psychopathologiques sont indispensables à la clinique : elles permettent de reconnaître certaines formes de souffrance, d'orienter une prise en charge et de transmettre un savoir entre professionnels. Elles ne sont cependant ni neutres ni intemporelles. Leur histoire est liée à des conceptions déterminées du sujet, de la normalité et de la maladie, ainsi qu'aux institutions et aux formes de vie dans lesquelles elles prennent sens.

Psychose, paranoïa et transformations du monde contemporain

UTRPP (UR 4403), Université Sorbonne Paris Nord — en partenariat avec le GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, site Sainte-Anne

Dans le cadre des recherches consacrées à la clinique de la psychose et aux mutations anthropologiques contemporaines, je développe un projet portant sur la paranoïa et sur le statut des catégories cliniques en psychopathologie.

La paranoïa y est envisagée à la fois comme une catégorie historique de la clinique des psychoses et comme une forme-limite permettant d'interroger la rationalité, la certitude et les rapports entre normalité et adaptation. La certitude et la cohérence particulière du savoir paranoïaque constituent ainsi un point d'observation privilégié pour interroger certaines transformations contemporaines des formes de pensée et du lien social.

Le projet porte également sur la manière dont les catégories psychopathologiques se constituent historiquement et sur les effets qu'elles produisent dans la reconnaissance et la prise en charge de la souffrance. Il ne s'agit pas de renoncer au diagnostic ou aux catégories cliniques, mais d'interroger leur portée et leurs limites : ce qu'elles permettent de comprendre, ce qu'elles laissent dans l'ombre et la manière dont elles participent elles-mêmes à définir ce qui est considéré comme normal ou pathologique.

Ce travail articule ainsi clinique de la psychose, psychanalyse et réflexion sur la normativité. Il cherche à maintenir ensemble la rigueur des savoirs psychopathologiques et l'attention à ce qui, dans l'expérience d'un sujet, ne se laisse jamais entièrement réduire à une catégorie.

Publications liées : Genealogia da agressividade infantil no Manual Diagnóstico e Estatístico de Transtornos Mentais · A agressividade infantil no DSM : os diagnósticos e os seus efeitos subjetivos · Penser la folie autrement : Foucault, Derrida et le discours freudien · La force du vrai en déclin : les formes de subjectivation à l'ère de la post-vérité

Vers une clinique des mondes : trauma, histoire et formes d'existence

UTRPP (UR 4403), Université Sorbonne Paris Nord — en collaboration avec l'Université fédérale de Rio de Janeiro

Ce projet de recherche interroge les conditions historiques, sociales et relationnelles dans lesquelles une expérience peut devenir habitable, intelligible et susceptible d'être transmise. Il part de l'hypothèse que certaines formes de souffrance ne concernent pas seulement l'équilibre psychique d'un sujet, mais également les conditions dans lesquelles il peut trouver des repères, des liens et des possibilités d'élaboration.

La notion de « clinique des mondes » cherche ainsi à élargir le regard de la psychopathologie. Elle ne vise pas à remplacer l'étude de la vie psychique par une explication sociale ou culturelle, mais à prendre en compte ce qui se produit lorsque les conditions d'existence elles-mêmes sont profondément transformées : exil, déplacements forcés, violences historiques, catastrophes, destruction de formes collectives de vie ou rupture des continuités permettant de transmettre une histoire.

Le projet s'intéresse notamment à ce qui demeure et continue à produire des effets lorsque les conditions qui donnaient auparavant sens à une manière de vivre ont été profondément bouleversées. Les relations, les souvenirs, les temporalités, les pratiques et les formes de vie peuvent continuer à produire des effets alors même que le contexte dans lequel ils avaient leur place a disparu ou s'est transformé. La notion de « survivances des mondes » permet ainsi de penser certaines expériences de souffrance autrement que comme une simple perte ou comme un problème exclusivement individuel.

Cette recherche prend notamment en compte la question de la colonialité et de la pluralité des formes d'existence. Elle cherche à interroger les présupposés de la clinique lorsqu'elle rencontre des expériences qui ne se laissent pas entièrement rapporter à un modèle unique de la subjectivité ou de la relation au monde.

Dans ce cadre s'inscrit le projet international « Trauma et catastrophe », mené en collaboration avec l'Université fédérale de Rio de Janeiro. Il approfondit la question des effets du traumatisme et de la catastrophe sur les conditions de transmission et d'élaboration de l'expérience. L'enjeu est notamment de comprendre ce qui se produit lorsque des transformations historiques ou des catastrophes atteignent non seulement les individus, mais également les relations, les territoires et les formes collectives qui rendent une existence habitable.

Cette recherche cherche ainsi à ouvrir un espace entre une approche exclusivement centrée sur la vie psychique du sujet et une explication exclusivement sociale ou historique. Elle ne vise pas à constituer une nouvelle catégorie diagnostique, mais à élargir les conditions dans lesquelles certaines expériences de souffrance peuvent être pensées, en tenant ensemble leur dimension singulière, historique et relationnelle.

Publications liées : Vers une clinique des mondes. Colonialité, pluralité ontologique et présupposés de la clinique au Brésil contemporain · Manifeste pour une psychanalyse décoloniale · Le retour du religieux en politique. Le cas brésilien · La vie après la pandémie : bios entre clinique et politique

Psychanalyse et politique : une clinique du social

CEVIPOF, Sciences Po Paris

Je participe également au séminaire de recherche « Psychanalyse et politique : une clinique du social », au CEVIPOF de Sciences Po Paris. Les travaux menés dans ce cadre portent sur les rapports entre clinique individuelle et transformations du social et du politique, avec une attention particulière à la question du traumatisme.

Cette orientation prolonge une interrogation sur les conditions sociales et historiques dans lesquelles une souffrance peut être reconnue, formulée et prise en charge. Elle permet notamment de réfléchir aux effets subjectifs des transformations des institutions, des normes et des formes du lien social, sans pour autant réduire la singularité d'une expérience à ses déterminations collectives.

Elle rejoint ainsi certaines questions développées dans mes autres recherches : comment les transformations historiques et sociales affectent-elles les conditions dans lesquelles une expérience peut être dite, entendue et élaborée ? Et comment la clinique peut-elle prendre en compte ces déterminations sans perdre de vue la singularité du sujet ?

Publications liées : Le narcissisme et ses dérives : les nouvelles configurations familiales et des demandes de reconnaissance · La portée politique de l'acte psychanalytique

Projets antérieurs

Cartographie des désirs, usages des corps et récits de soi dans la contemporanéité

CRPMS (Université Paris Cité) et Université fédérale de Rio de Janeiro — 2018 – 2022, projet clos

Développé entre 2018 et 2022, ce projet a été mené au sein du Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société (CRPMS, Université Paris Cité) et de l'Université fédérale de Rio de Janeiro.

Inscrit dans le prolongement de mes recherches doctorales sur l'histoire de la sexualité, il porte sur les formes contemporaines de subjectivation du désir, à partir de l'analyse des pratiques et des discours relatifs au corps, au genre et à la sexualité.

La recherche examine les rapports entre constitution des identités, récits de soi et expériences cliniques, en analysant notamment les effets de la pathologisation de certaines pratiques ou identités sexuelles. Elle conduit également à interroger les transformations des usages du corps, ainsi que les recompositions contemporaines de la parentalité, de la filiation et des configurations familiales.

Ces analyses impliquent de repenser, dans une perspective psychanalytique, les modèles classiques d'intelligibilité du désir, en particulier à travers une mise en question des références œdipiennes et de la primauté du phallus.

Publications liées : Sexualidade, gênero e identidade : questões para a psicanálise

Généalogie du sujet entre technologies de soi et pratiques de vérité

CRPMS (Université Paris Cité) et Université fédérale de Rio de Janeiro — 2014 – 2018, projet doctoral clos

Développé entre 2014 et 2018 dans le cadre de mon doctorat, ce travail a été mené au sein du Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société (CRPMS, Université Paris Cité) et de l'Université fédérale de Rio de Janeiro.

Il constitue le noyau théorique de mes recherches et propose une analyse généalogique de la constitution du sujet de la psychanalyse, à partir des technologies de soi et des pratiques de vérité qui en ont historiquement rendu possible l'émergence.

En parcourant différents régimes de subjectivation : de la culture de soi antique aux pratiques chrétiennes de direction de conscience, des technologies de l'aveu au traitement moral en psychiatrie, jusqu'à l'expérience analytique, cette recherche met en évidence les continuités et les discontinuités qui structurent le rapport du sujet à la vérité.

Elle fournit ainsi un cadre théorique pour penser la clinique psychanalytique dans une perspective à la fois historique et épistémologique, en situant ses conditions d'émergence, ses transformations et ses enjeux contemporains.

Publications liées : Le sujet et les pratiques de vérité : une généalogie foucaldienne de l'herméneutique de soi · Dizer a verdade em psicanálise : uma abordagem genealógica a partir de Foucault · Le souci de soi et la spiritualité dans la psychanalyse · The truth between the self and the other: Modernity and psychoanalysis · A questão da dificuldade da psicanálise : uma leitura do inconsciente entre negatividade e diferença

Varia

Articles : A problemática do trauma ou o trauma como um problema em psicanálise · Capitalism as a Joke: Toward a Psychoanalytic Economy of Enjoyment · Dire « non » entre psychanalyse et littérature : Freud-Lacan et Bartleby, ou la formule I would prefer not to

L'ensemble de ces recherches nourrit une production scientifique régulière, diffusée en cinq langues. Voir toutes mes publications

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Les honoraires sont fixés lors de la première séance. En raison des conditions d'exercice, un nombre limité de consultations est proposé dans le cadre du dispositif « Mon parcours Psy » — me contacter préalablement pour toute demande à ce sujet.

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